Talalgie

 

Définition

La talalgie est une douleur au talon, qui se manifeste souvent pendant la marche ou les activités sportives. Ce symptôme est généralement dû à des causes mécaniques (inflammation au niveau de la plante du talon, tendinite). Il peut aussi révéler un traumatisme ou diverses pathologies (maladies inflammatoires ou cutanées, atteintes des nerfs, artérite, anomalie de la croissance).

La talalgie est une douleur qui peut survenir à trois endroits du talon :

  • le dessous ;
  • l’arrière ;
  • le pourtour (douleur dite « en couronne »).

Des douleurs d’origine le plus souvent mécanique

La fascite plantaire

En général, la talalgie est due à des lésions du fascia plantaire, un ligament épais qui relie les orteils au calcanéum (os du talon). On parle alors de « fascite plantaire ».

Dans ce cas, la douleur se manifeste fréquemment au niveau de la plante du talon. Elle est aggravée par certains facteurs :

  • les premiers pas au lever et la marche en général ;
  • la position debout prolongée ;
  • la montée et la descente d’escaliers.

En revanche, ce type de talalgie disparaît avec le repos.

Les lésions du fascia, responsables de la douleur, peuvent présenter diverses origines :

  • des défauts dans l’architecture du pied, qui peut être « plat » (affaissement de la voûte plantaire) ou « creux » (creusement excessif de cette même voûte) ;
  • des sollicitations mécaniques trop fréquentes (ex. : pratique intensive de la course ou de la marche à pied), en particulier sur des terrains trop durs ou de surface irrégulière, et station debout prolongée ;
  • des mouvements entraînant un impact répété sur la plante des pieds (par exemple en courant ou en sautant) ;
  • le port de chaussures usées ou ne soutenant pas assez la voûte plantaire (semelles ou talons trop fins, talons trop hauts) ;
  • une surcharge pondérale très importante

La fascite plantaire évolue parfois vers la formation d’une excroissance osseuse (ou « épine calcanéenne ») à l’endroit où le fascia s’insère sur l’os du talon. Toutefois, cette excroissance est rarement à l’origine de douleurs supplémentaires.

Les tendinopathies

La talalgie d’origine mécanique peut aussi être liée à une tendinopathie (inflammation due à des lésions ou à la rupture d’un tendon, aussi appelée « tendinite »).

Cette affection touche souvent le tendon d’Achille. Elle cause une douleur à l’arrière du talon, qui survient également au début d’un effort physique ou après la pratique intensive ou répétée de certains sports (ex. : course à pied).

Certaines personnes sont aussi prédisposées aux tendinites parce qu’elles souffrent de troubles particuliers :

  • pied plat ou creux ;
  • genou dit « valgum » (dévié « en dedans ») ou « varum » (dévié « en dehors ») ;
  • inégalité de longueur des membres inférieurs.

Les talalgies dues aux tendinites peuvent obliger à arrêter les activités physiques déclenchant la douleur. Généralement, celle-ci disparaît facilement au repos. À l’inverse, si les tendons continuent d’être sollicités, elle peut s’intensifier et devenir permanente.

Les traumatismes

La talalgie peut révéler une fracture du calcanéum (os du talon) due à un accident.

Elle apparaît aussi après une fracture de fatigue survenant après une activité physique prolongée et inhabituelle (par exemple une très longue marche).

Les lésions de la peau et des tissus du talon

La douleur au talon est due quelquefois à une affection cutanée ou musculaire :

  • verrue plantaire,
  • hyperkératose (épaississement anormal de la couche superficielle de l’épiderme) localisée sur cette partie du corps,
  • gonflement des parties molles du pied (muscles, tendons, etc.),
  • réduction de la couche de graisse située sous la plante du talon.

La talalgie liée à une maladie inflammatoire

La douleur au talon causée par une inflammation :

  • apparaît en fin de nuit, ou au réveil dès les premiers pas ;
  • s’atténue dans la journée ;
  • passe d’un pied à l’autre, en alternance.
  • Par ailleurs, dans ce type de talalgie, le talon peut être gonflé.

Ces signes peuvent correspondre aux premiers symptômes de la spondylarthrite ankylosanre ( maladie inflammatoire touchant principalement la colonne vertébrale).

D’autres causes, moins fréquentes, existent également :

  • Polyarthrite rhulmatoïde;
  • rhumatisme psoriasique ;
  • goutte (maladie due à un excès d’acide urique dans le sang, provoquant la formation de cristaux au niveau des articulations et tendons) ;
  • syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (maladie causant une inflammation des articulations et de l’urètre, ainsi qu’une conjonctivite).

Les autres causes possibles de talalgie

La douleur au talon provient parfois d’autres affections.

L’artériopathie (ou « artérite ») des membres inférieurs

Cette maladie cardiovasculaire est causée par un dépôt de graisses (ou « athérome ») sur les parois des artères des membres inférieurs. À terme, l’artérite peut rétrécir le calibre des vaisseaux sanguins, d’où un défaut de vascularisation parfois responsable de brûlures de la plante du talon.

Les troubles neurologiques

Les douleurs du talon peuvent aussi être provoquées par une atteinte des nerfs du pied : sciatique de type « S1 » ;

neuropathie liée au diabète ;

compression du nerf tibial (l’un des nerfs de la jambe) dans la partie arrière et interne du pied.

La maladie de Sever

Cette anomalie de la croissance des os et cartilages se manifeste entre 10 et 16 ans. Elle survient surtout chez les enfants qui sollicitent trop leur tendon d’Achille (footballeurs, athlètes, gymnastes, danseurs, etc.) Cette affection provoque des micro-fractures du calcanéum, causant une talalgie parfois très handicapante chez certains jeunes.

Prise en charge de la talalgie

En cas de talalgie, essayez de rester au repos ou évitez de trop solliciter votre pied. Le port d’une talonnette en gel et l’application de glace aident aussi à réduire la douleur. De même, la prise d’anti-inflammatoires ou d’antalgiques peut vous soulager.

Si votre talon est douloureux, vous pouvez agir sur vos symptômes par vous-même. Pour cela, appliquez les conseils suivants, dès que les premiers signes apparaissent :

  • mettez votre pied au repos le plus possible ;
  • évitez de porter des charges lourdes si cela aggrave la douleur ;
  • déplacez-vous en marchant, sans courir, si possible sur des sols plutôt mous ;
  • ne marchez pas pieds nus mais portez des chaussures qui offrent un bon soutien de la voûte plantaire ;
  • appliquez de la glace sur la zone douloureuse, pendant 10 à 15 minutes, deux fois par jour ;
  • portez une talonnette en gel dans votre chaussure, pour amortir les chocs lorsque vous marchez.

Que faire soi-même en cas de talalgie ?

Pour vous soulager, vous pouvez aussi utiliser, le plus tôt possible, l’un des deux types de médicaments suivants :

  • les antalgiques dits « non spécifiques », comme le paracétamol ;
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou « AINS », en application locale ou par voie orale (ex. : ibuprofène, kétoprofène).

Quand consulter en cas de talalgie ?

Consultez votre médecin traitant si vous vous trouvez dans l’une des situations suivantes :

  • après deux à trois semaines de soins à la maison (la douleur ne passe pas, empire ou récidive après une période d’accalmie ;
  • elle est soudaine et violente ;
  • votre talon devient rouge et enflé ;
  • vous ne pouvez pas poser le talon par terre ;
  • vous présentez d’autres symptômes (sciatalgie, douleurs articulaires, fièvre, lésions de la peau).

Prévoyez aussi une consultation si :

  • outre la talalgie, vous souffrez d’une maladie chronique  (goutte, diabète, artériopathie des membres inférieurs) ;
  • la talalgie concerne votre enfant.

Bien préparer votre rendez-vous

Pour aider votre médecin à établir son diagnostic, analysez vos symptômes avant la consultation :

  • Sur quelle partie du talon la talalgie survient-elle ?
  • Concerne-t-elle un seul ou vos deux talons ?
  • Quelle est son intensité (modérée, intense voire très intense, au point de vous faire boiter) ?
  • Depuis quand présentez-vous ces symptômes ?
  • Sont-ils permanents et/ou associés à d’autres signes ?
  • La douleur se manifeste-t-elle :

plutôt en fin de nuit, avec une baisse d’intensité une à deux heures après le réveil (ce qui correspond généralement à une cause inflammatoire),

plutôt le matin au réveil, dès que vous vous levez, puis durant la journée quand vous marchez ou prenez appui sur votre pied (ce qui révèle souvent une cause mécanique) ?

  • La douleur s’aggrave-t-elle pendant vos activités physiques ou sportives ?

Le déroulement de la consultation

Votre médecin traitant vous examinera et fera le point sur votre statique (votre façon de vous tenir debout). Puis, il portera une attention particulière à l’aspect et aux mouvements de vos pieds lorsque vous êtes debout, couché et lors de la marche et au type de chaussures que vous portez.

Pour confirmer le diagnostic, des examens complémentaires peuvent se révéler utiles selon les cas :

  • radiographie du pied ;
  • échographie ;
  • écho-doppler des vaisseaux sanguins ;
  • IRM ;
  • électromyogramme ;
  • scintigraphie osseuse.

Les soins en cas de talalgie

Après avoir identifié l’origine de votre douleur et ses facteurs favorisants, le médecin décidera d’un traitement. Selon les cas, il vous proposera des soins locaux (mise au repos du pied, kinésithérapie, appareil orthopédique), généraux ou chirurgicaux. Si vous souffrez d’une inflammation au niveau de la plante du pied, la pratique du stretching peut aussi réduire ou prévenir la talalgie.

Une fois trouvée la cause de votre talalgie, le médecin définit un traitement adapté à votre situation. Dans tous les cas, il s’agit d’abord d’atténuer les facteurs de risque et/ou qui déclenchent la douleur, pour en prévenir la réapparition :

  • surpoids ;
  • activité physique inadaptée ;
  • mauvaise façon de se chausser ;
  • mauvaise posture.

Différents types de soins peuvent ensuite être dispensés, selon votre état.

Le traitement local

Il prend diverses formes :

  • une mise au repos du pied, avec éventuellement une décharge du talon (port d’une chaussure spécifique permettant de se déplacer sans prendre appui sur l’arrière du pied),
  • le port d’appareils orthopédiques (talonnettes, semelles, attelles, orthèses),
  • des soins locaux anti-inflammatoires (application d’une crème, cryothérapie, infiltrations, ultrasons, etc.),
  • de la kinésithérapie.

Le traitement général

Il consiste à prendre des anti-inflammatoires ou des antalgiques par voie orale, ou à traiter la maladie qui cause la talalgie.

Le traitement chirurgical

Il peut s’agir d’une intervention sur :

  • un tendon,
  • le fascia plantaire,
  • le calcanéum,
  • un nerf compressé.

Source: Ameli.fr

 

 

 

 

 

 

4 réponses à Talalgie

  1. J’ai bien apprécié vos commentaires. Le 10.07.17 J’avais été opérée des varices (veines gonflées et douleureuses à la jambe droite quoique j’avais aussi dit au Chirurgien qui m’a operée que j’avais aussi des douleurs sous le talon droit répondant parfois à la cheville. Apres l’operation le chirurgien n’a pas suivi le talon nila cheville. J’ai consulté Un ami mèdecin qui m’a dit que j’ai une talalgie et m’a expliqué ce que c’était. Par la suite je suis allée sur internet pour plus d’informations. Entretemps Je suis un traitement recommandé par mon ami medecin generaliste qui est proche de ceux que vous recommandez vous aussi. Je dois dire que j’ai un soulagement mais je dois revoir mon ami medecin-generaliste bientôt. Je suis satisfaite de vos explications qui confirment ce que mon ami m’a expliqué. Je me pose la question quel genre de talalagie que j’ai et quand est-ce que je n’aurai plus de douleurs? Faut-il voir un Orthopediste si cela ne passe pas pour une infiltration ou chirurgie ? Merci RSVP

  2. admin dit :

    Bonjour
    S’il s’agit d’une aponévrosite plantaire débutante l’avis et la mise en place du traitement médical par votre ami généraliste devrait suffire mais prend du temps.
    Dans le cas contraire prenez l’avis d’un chirurgien orthopédiste .
    Cdt

  3. Gv dit :

    Bonjour je souffre depuis mai 2017 d’une aponevrosite plantaire et je porte des semelles orthopédiques , je fais de la kyné depuis mai et des épisodes d’anti-inflammatoires. Aujourd’hui j’ai toujours des douleurs même au pourtour du talon et surtout quand je me tiens debout dans mes chaussures. J’ai tendance à marcher sur le coté de mon Pied pour diminuer la douleur. Du repos à la marche est douloureux.
    Depuis qq jours je me suis mis à la marche pour muscler le tendon plantaire mais c’est est difficile .
    Pouvez vous m’aider

  4. admin dit :

    Bonjour
    Ondes de chocs, K taping et infiltration si pas encore réalisés
    Puis irm avant chirurgie percutanée si malgrè cela la douleur persiste

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